Comprendre le 3e pilier de A à Z

En Suisse, le système des trois piliers n’est autre que le système de prévoyance vieillesse, survivants et invalidité. Bien définit dans la constitution, le 1er pilier entre en vigueur en 1948. Ce système étatique et centralisé est connu de tous sous le patronyme Assurance Vieillesse et Survivants ou AVS. Il comporte aussi l’assurance invalidité ou AI. Le 1er pilier est conçu pour permettre aux retraités de couvrir leurs besoins vitaux. Au fil des ans, la vie en Suisse se modernise et le système AVS/AI rencontre des difficultés à satisfaire les envies des souscripteurs que ce soit en cas de vie, d’invalidité ou de décès. La communauté helvétique réclame la mise en place d’un 2e pilier qui finit par entrée en vigueur en 1985 après l’approbation de la loi sur la prévoyance professionnelle. Le 2e pilier est le système de prévoyance professionnelle aidant les assurés à maintenir leur niveau de vie antérieure. Une fois encore, les deux premiers systèmes de prévoyance peinent à garder le niveau de vie antérieure des retraités. En effet, le niveau de vie en général dans le pays augmente de façon exponentielle. De ce fait, une bonne partie des personnes du troisième âge couvrent à peine leurs besoins vitaux. De plus, les avancés de la médecine favorisent une durée de vie plus longue. Cela rend impossible le financement à long terme des deux premiers piliers. Les citoyens sont contraints de travailler jusqu’à l’âge de retraite voire plus afin d’étendre la durée de cotisation alors qu’ils aspirent à prendre une retraite anticipée pour pouvoir profiter de la vie. De leur côté, les entreprises réduisent leurs charges en offrant une prévoyance professionnelle minimale. Face à cette ribambelle de contraintes, l’instauration du 3e pilier devient évidente. Il s’agit d’un système de prévoyance individuelle et facultative qui permet aux salariés d’épargner volontairement en vue de constituer un patrimoine. Le 3e pilier complète efficacement l’AVS/AI et la prévoyance professionnelle. Ce système de capitalisation individuelle sans solidarité rend possible le maintient du niveau de vie antérieure des retraités, la prise d’une retraite anticipée voire même l’acquisition immobilière ou le financement de voyage, etc. Malgré son mécanisme compliqué, il séduit de plus en plus les jeunes travailleurs dont le 3e pilier lié ou 3a reste leur préféré avec un taux de souscription de 57 %. Le reste de l’effectif est départagé entre le 3e pilier libre et la prévoyance combinée.

Qu’est-ce que le 3e pilier

Le système de prévoyance suisse intègre le système de trois piliers. En effet, le pilier, comportant des colonnes pour soutenir un temple ou un palais, connote la solidité grâce aux supports ou aux soutiens qu’il apporte à l’économie de prévoyance. Le 3e pilier constitue une solution complémentaire aux rentes offertes par le 1er et le 2e pilier. Il s’agit d’une prévoyance individuelle, privée et facultative qui permet au souscripteur ou salarié d’adopter un niveau de vie stable. Le 3e pilier s’adresse aux salariés socialement stables et bien rémunérés, c’est-à-dire mariés, avec enfants et surtout percevant un salaire net conséquent. Il fait bénéficier aux salariés des prestations rassurantes et confortables après la retraite, en cas de décès ou d’invalidité.

 

Quels sont les avantages offerts par le 3e pilier ?

Le 3e pilier offre divers avantages. Cela dépend particulièrement de votre capacité d’épargne, de vos objectifs, de vos attentes, de votre situation fiscale et bien d’autres paramètres. Par exemple, vous pouvez constituer un capital avec lequel vous financez vos projets : acquisition de résidence principale, amortissement de prêt hypothécaire, entrée en retraite anticipée, etc. Avec le 3e pilier assurance vie, il vous est possible d’assurer vos entourages et meubler les déficiences de la prévoyance étatique. De manière générale, le 3e pilier vous attribue des avantages fiscaux depuis la première cotisation jusqu’aux retraits de vos avoirs. Le capital et les intérêts de vos cotisations, déduites de votre revenu imposable, sont exemptés de l’impôt anticipé. En cas d’un retrait anticipé ou à l’échéance, le taux de l’impôt prélevé se voit réduit. Le taux du gain s’élève à de 35 %.

 

Qui peut souscrire au 3e pilier ?

La souscription au 3e pilier concerne les salariés résidant en Suisse disposant d’un justificatif tel que :

  • d’un permis B permis de résidence longue durée,
  • d’un permis L ou permis de résidence courte durée
  • d’un permis C ou permis d’établissement.

Elle reste valide pour les travailleurs étrangers payant ou pas l’impôt à la source. Cependant, ces salariés doivent être vigilants, car ils ne résideront pas à vie en Suisse et que les clauses de résiliation auprès d’un assureur s’annoncent contraignante financièrement surtout après un an de souscription. De ce fait, il faut choisir le 3e pilier conforme à chaque situation et de bien se renseigner sur les clauses avant de passer à la signature d’un contrat. Les travailleurs frontaliers peuvent, entre autres, signer un 3e pilier en Suisse à condition que les compagnies d’assurance installées au Liechtenstein les recommandent.

 

Où est-ce qu’on effectue la souscription au 3e pilier ?

La souscription se réalise habituellement auprès des institutions financières ou via des courtiers en ligne. Pour le 3e pilier A, elle s’effectue auprès des banques. Les compagnies d’assurance accueillent respectivement les inscriptions au 3e pilier A et B. Par ailleurs, les souscriptions en ligne, sont aujourd’hui en plein essor en raison des facilités d’accès et des procédures ainsi que la gratuité des services.

 

 

À quel type de 3e pilier souscrire ?

La prévoyance individuelle du 3e pilier connaît deux déclinaisons. Il y a d’un côté le 3e pilier lié ou 3a qui permet de diminuer le montant des impôts sur le revenu, mais avec une limite annuelle. De l’autre côté, vous avez le 3e pilier libre ou 3b qui vous permet de déterminer le montant à prélever sur votre rémunération pour constituer votre épargne, et ce, sans plafonnement. De plus, ce type de 3e pilier offre des solutions de succession souples. Ce qui n’est pas le cas avec le 3e pilier lié. Par contre, ce dernier propose des solutions de fiscalité simples et avantageuses. Bref, avant de choisir la prévoyance facultative qui vous convient, sachez les avantages qu’offre chacune des deux, les conditions qu’elle exige, les clauses de résiliation, etc. Il faut aussi vous rappeler qu’il existe une troisième option : la prévoyance combinée. Suivez les détails à propos de ces deux types de 3e pilier.

 

Tout savoir sur le 3e pilier libre ou 3b

Comme son nom l’indique, le 3e pilier libre offre une grande liberté non seulement sur le montant de la cotisation, mais aussi sur la fiscalité et les conditions de souscription. Certes, l’épargne bancaire s’avère utile. Cependant, un 3e pilier libre peut largement faire mieux. Il s’adapte aux diverses situations de vie et ses primes fiscales sont partiellement déductibles dans certains cantons. À l’échéance, le capital épargné est exonéré fiscalement. En cas de décès, la fiscalité peut s’appliquer en fonction du type d’assurance auquel le souscripteur a opté.

 

Au final, c’est quoi un 3e pilier libre ?

Il s’agit tout simplement d’un produit d’assurance quasi-inexistant dans un système bancaire dont le processus est à la fois simple et compliqué. Le souscripteur verse une prime convenue dans le contrat durant toutes ses années de travail. Dans certains cantons, le 3e pilier 3b assurance autorise la déduction partielle des primes en fonction des forfaits sauf dans le cas d’une inscription préalable dans une assurance-maladie. Le montant d’une prime accumulée augmente chaque année et doit être déclaré en tant qu’élément de fortune pour payer, ensuite, l’impôt correspondant toujours avec un faible taux.

 

Les différents produits du 3e pilier libre

Le 3e pilier libre permet d’épargner un capital (compte bancaire) que le souscripteur pourra retirer et profiter pleinement à l’échéance ou à n’importe quel moment, et ce, sans fournir un motif. Il offre aussi la possibilité de cotiser pour un capital décès disponible sous deux types d’assurance : risque pur et mixte. L’assurance risque pure consiste à cotiser pour léguer, ensuite, le capital à un tiers bénéficiaire. Elle n’inclut pas les épargnes. De plus, le taux, même réduit, est indépendant du lien de parenté du souscripteur avec l’attributaire. Le 3e pilier assurance décès forme un excellent produit pour les couples homosexuels non enregistrés et les couples concubins. L’assurance mixte, pour sa part, ajoute au capital décès une cotisation d’épargne. Dans cette déclinaison du 3e pilier libre, la fiscalité concerne uniquement le capital décès dont le taux prélevé dépend notablement du lien de parenté.

 

En pratique

Un homme de 36 ans souscrit au 3e pilier libre assurance et cotise une prime de CHF 1’500 tous les ans. Il n’est pas inscrit à un quelconque produit d’assurance traditionnel et verse la prime jusqu’ à ses 65 ans. À l’échéance, c’est-à-dire au bout de 29 ans, ce salarié touchera CHF 44’500 avec la part d’excédents et le capital garanti. Il bénéficie en tout d’un faible rendement de 0.16 %. Mais le rendement peut s’améliorer en fonction du statut du salarié, de son canton de résidence et des primes déductibles ou non. Si cet homme habite dans le canton de Fribourg et qu’il est célibataire, sa prime 3b peut s’élever jusqu’à CHF 750. S’il est marié légalement, sa prime peut atteindre CHF 1’500. Pour un investissement sur 19 ans, ce salarié obtient CHF 43’500 et économise CHF 13’354.d’impôt avec un rendement de 2.65 %.

 

À qui s’adresse le 3e pilier libre ?

Le 3e pilier 3b convient aux salariés ayant des revenus modestes qui recherchent des prestations de prévoyance sur une courte durée pour une couverture de risque ou pour une épargne. Selon la règle générale, la durée minimum d’un contrat 3b est d’un an, mais la majorité des compagnies imposent des souscriptions valables entre 5 et 10 ans en fonction des produits. Le 3e pilier libre est accessible aux couples concubins hétéro ou homosexuelles et aux mariés avec enfants.

 

Tout savoir sur le 3e pilier lié ou 3a

Le 3e pilier lié ou 3a est la prévoyance individuelle qui complémente l’AVS/AI et le 2e pilier. Il consiste à verser régulièrement une partie du revenu salarial pour subvenir aux besoins de prévoyance sur le long terme. La souscription au 3e pilier 3a est soumise à deux conditions comme dans toutes les formes d’épargne : la durée et la régularité. Elle est uniquement autorisée aux salariés et aux travailleurs indépendants affiliés à l’AVS. La prévoyance liée est particulièrement avantageuse au niveau fiscal. Les impôts déduits des capitaux versés affichent un taux réduit. Les réglementations fédérales fixent le montant des primes à prélever sur le revenu avec une révision périodique tous les 2 à 3 ans. Le capital bancaire et la prévoyance assurance constituent ses principaux produits avec en option les assurances risques décès, l’invalidité et l’épargne. En plus des impôts à taux réduit, les prestations en capital proposent des gains profitables sur la longue durée. Bref, la loi en vigueur encourage la combinaison du 3e pilier lié à l’économie fiscale pour obtenir des profits encore plus élevés.

 

Les conditions draconiennes dans la souscription au 3e pilier lié

Le 3e pilier lié est strictement réservé aux employés indépendants et aux salariés disposant d’un revenu lucratif préalablement déclaré à l’AVS. En d’autres termes, les bénéficiaires doivent effectuer des cotisations à l’AVS à partir de leur revenu déjà déclaré. Les rentiers et les salariés au revenu modeste, voire insuffisant en sont privés. L’autre condition stipule que le revenu AVS doit être soumis à l’impôt en Suisse que ce soit obligatoire ou facultatif. Elle ne prend pas en compte la nationalité du travailleur. En outre, le 3e pilier lié reste accessible aux personnes invalides disposant d’un travail et qui perçoivent une rente avec un taux d’invalidité largement inférieur à 100 %. Les conditions, cette catégorie de personnes doivent toucher une rente partielle ou complète et mener une activité lucrative dont le revenu fait l’objet d’un prélèvement de cotisation à l’AVS. Le 3e pilier lié convient aussi aux salariés à temps partiel non souscrits au 2e pilier. En réalisant plusieurs temps partiels, ces salariés gagnent un revenu important de la part des différents employeurs pour pouvoir souscrire au 2e pilier et cotiser à l’AVS. Ils participent au 3e pilier 3a de la même manière que les travailleurs indépendants au revenu lucratif. La prime doit être inférieure à 20 % des gains mensuels.

Des cas exceptionnels peuvent suspendre les cotisations versées à la prévoyance lié. Cela dépend grandement de l’arrêt momentané de l’activité lucrative. Par exemple, le chômage, l’accident, le service militaire, la maladie, etc. peuvent faire l’objet de la suspension des revenus et en conséquence, du contrat de prévoyance lié. Même si le salarié perçoit des indemnités journalières dans ces circonstances, les institutions financières spécialisées au 3e pilier ne sont pas autorisées à prélever des primes sur le revenu lucratif exempté de cotisations AVS. Par ailleurs, la conversion professionnelle conduisant à une activité non-lucrative toute l’année met automatiquement fin au contrat de prévoyance lié. Parmi ces activités, il y a la pause « bébé », l’année sabbatique, la formation, etc. Pour pallier ces situations désavantageuses, la souscription à une assurance 3a ou à un compte bancaire 3a offrant la possibilité de basculer au 3e pilier libre est vivement recommandée. Dans cette option, le revenu modeste continuera à alimenter votre capital au 3e pilier 3b. Le 3e pilier lié rejette la souscription d’un bon nombre de salariés travaillant dans des conditions professionnelles irrégulières. Par exemple, il exclut les salariés menant des activités à l’étranger non affiliés à l’AVS, les bénéficiaires invalides à 100 % et les chômeurs en fin de droits.

Les salariés disposant d’un permis B de 5 ans ou d’un permis C illimité ou encore d’un permis G frontalier sont autorisés à souscrire au 3e pilier lié tant qu’ils paient leurs impôts en Suisse. La première souscription peut débuter dès l’âge de 18 ans, 5 ans plus tôt par rapport à l’âge AVS et 5 ans après l’âge ordinaire de la retraite. Avant de vous souscrire, il faut vérifier que :

  • vous remplissiez les conditions légales requises.
  • vous êtes conscients des obligations sur l’échéance de la prévoyance liée.
  • vous connaissiez les frontières sur la cession ou le transfert des prestations et la mise en gage.

Son plus grand inconvénient se manifeste à travers les contraintes concernant l’obtention d’un contrat, le retrait des capitaux à l’échéance du contrat, la clause bénéficiaire…

 

Les clauses bénéficiaires en prévoyance 3a

La clause bénéficiaire légale régie le mécanisme d’héritage des prestations lorsque le souscrit décède avant l’échéance du contrat. Elle détermine exactement l’héritier ou les héritiers.

 

Les proches liés au preneur légalement

Les enfants et le conjoint marié sont en tête de liste. Les couples homosexuels en partenariat enregistré jouissent des mêmes privilèges que les couples mariés. Lorsque le preneur de prévoyance vient à mourir, le conjoint survivant ou le partenaire enregistré hérite automatiquement de la cagnotte de même les descendants directs du défunt (les frères et sœurs). Il faut retenir qu’en cas de divorce, les époux sont légalement mariés jusqu’au jugement de divorce. Dans cette période, le conjoint est en mesure de s’approprier de l’héritage de prévoyance.

 

Les conjoints concubins

Le partenaire concubin (hétéro ou homosexuel), quant à lui, peut obtenir une part du capital à condition qu’il dispose des preuves d’une vie commune pendant 5 ans ou d’un soutien financier à des fins substantielles. Cela lui permet aux couples hétérosexuels de continuer à entretenir les enfants communs (une charge de plus de 50 %). C’est l’OFAS ou Office fédéral des assurances sociales elle-même qui l’autorise. Cependant, faute de preuves, le partenaire concubin est privé de ce droit même s’il est mentionné dans le testament. Les preuves d’une dépendance morale ne sont pas également valides.

 

Les modifications de la clause bénéficiaire

La clause bénéficiaire en 3e pilier lié est légèrement ajustable. Par exemple, le preneur de prévoyance 3a a le droit de désigner plusieurs bénéficiaires tout en précisant les avantages attribués à chacun. Il peut également rectifier l’ordre des bénéficiaires et de définir les droits de chacun. Le transfert du droit aux prestations peut se réaliser facultativement en cas de divorce, d’une séparation de corps et des biens après la décision d’un tribunal, après le changement consenti par les deux époux du régime matrimonial stipulé dans le contrat de mariage.

 

La résiliation anticipée d’un contrat de 3e pilier lié

Si vous ne payez pas vos primes respectives, votre capital à la retraite se voit diminuer concrètement. Mais cela ne résilie pas votre compte 3a. Dans le cas d’un décès pour une prévoyance lié assurance ou bancaire, le non-paiement des primes élimine les rentes d’invalidité et vous dispense le règlement des primes à l’avenir. Si vous voulez résilier volontairement le contrat de 3e pilier lié avant l’échéance, vous êtes amenés à respecter une des huit conditions légales. Ces dernières sont déjà imposées dans le cadre du 2e pilier et entre en vigueur sous l’accord du conjoint.

En fonction de votre date de naissance, vous pouvez résilier votre contrat 3a 5 ans avant l’atteinte de votre âge AVS ou lorsque vous êtes totalement invalides (avec présentation d’une décision officielle) et touchez une complète de l’AI. La résiliation anticipée du 3e pilier lié est acceptable quand vous rachetez des cotisations auprès d’une institution de prévoyance exemptée de l’offre du 2e pilier ou du 3e pilier 3a. Vous devez posséder une attestation (avec timbre et signature) provenant de la nouvelle institution de prévoyance. Le contrat est résilié si vous changez d’activité lucrative indépendante. L’activité en question doit être très différente de la précédente. Une présentation d’attestation de l’AVS est obligatoire. Pour les activités commerciales, il vous faut l’accusé de réception prouvant votre inscription au registre du commerce. Une résiliation anticipée du 3e pilier lié est envisageable dans la mesure où vous quittez définitivement la Suisse. L’avis de départ (avec signature du conjoint) émanant de votre commune de domicile constitue la pièce justificative.

Un contrat 3a peut prendre fin quand vous démarrez une activité lucrative indépendante qui est affranchie de la prévoyance professionnelle obligatoire. La résiliation anticipée du 3e pilier lié peut être motivée par l’acquisition (PPE) ou la construction d’un bien immobilier, le remboursement d’un prêt hypothécaire. Cependant, le versement s’effectue uniquement tous les 5 ans avec l’acte de vente (cosigné par le conjoint) ou le contrat hypothécaire en appui. Par ailleurs, le contrat peut prendre fin avant l’échéance si le montant du capital est faible par rapport à la valeur de rachat et que l’événement assuré n’a pas encore lieu.

 

La fiscalité du 3e pilier lié (3a) : les avantages

Dans le cadre d’une prévoyance individuelle 3a, l’aspect fiscal est prépondérant. Quel que soit votre compte lié, la fiscalité demeure la même. Pendant la période d’investissement, des prélèvements sont effectués sur votre revenu, et ce, dans le respect des plafonds maximaux. Cela vous permet d’accumuler annuellement les impôts sur le revenu. À chaque versement, le capital est soumis à des impôts avec un taux réduit. Toutefois, le montant total de l’épargne économisé n’est pas imposé. Un impôt spécifique est, d’ailleurs, déduit de la somme réunie (indépendamment de votre fortune et de vos autres revenus) à la sortie du 3e pilier lié que ce soit en cas de décès ou en cas de vie. Le lien de parenté n’entre pas en compte sur le taux de l’impôt à déduire sur la somme totale économisée si vous venez à mourir avant l’échéance. En effet, l’impôt reste le même que ce soit votre conjoint ou votre enfant qui touche le capital 3a. Après le versement du capital sur votre compte, vous devez déclarer cet argent en tant que fortune en vue de payer l’impôt correspondant avec un faible taux.

Pour mieux calculer votre économie fiscale annuelle et la somme à payer en fin de contrat 3a, voici un exemple concret du mécanisme. Un homme de 31 ans dispose d’un revenu confortable de CHF 88’000. Il s’inscrit au 3e pilier lié assurance mixte et adopte comme stratégie le versement d’une prime de 2’400 par an et d’un autre montant sous forme bancaire (capital garanti minimum). Ce souscripteur envisage d’alimenter son capital jusqu’à sa retraite. En 33 ans, il va cotiser une prime maximale de CHF 79’200 et d’un capital garanti de CHF 69’226. L’estimation basse de la valeur des parts de fonds s’élève à CHF 86’097. Ainsi, son rendement interne se chiffre à 0.52 %. Côté fiscalité, ce souscripteur va bénéficier d’un avantage profitable. Par rapport à son revenu, il réalisera une économie fiscale annuelle de CHF 720 pour obtenir à la fin CHF 23’760. A l’échéance du contrat, ce souscripteur payera CHF 4’053 (soit 4.71%) en guise d’impôt. En résumé, il a versé 79’200 pour économiser 23’760 d’impôt et débourser CHF 4’053 d’impôt final. En tout, le montant total payé s’élève à CHF 59’493 contre un gain de 86’097, soit un rendement de 2.2 %.

 

Banque ou assurance : lequel choisir en 3e pilier lié ?

Pour le 3e pilier lié, il est tout à fait possible de placer son argent soit en capital bancaire soit en assurance. La banque fait preuve de souplesse. Cependant, elle ne certifie pas une grande fiabilité sur le montant final. L’assurance propose des couvertures de risque et parfois cautionnement sur le capital. En gros, choisir entre banque et assurance dans la souscription au 3e pilier lié s’annonce difficile, car ses deux produits présentent chacun des avantages et des inconvénients. Cela dépend des circonstances (revenus, durée de contrat, type de produit…) et surtout des priorités du souscripteur. Par ailleurs, sachez que la combinaison banque/assurance est praticable. Avant d’opter en faveur d’une épargne bancaire ou d’une assurance 3a, vous devez fixer vos priorités : souplesse du processus, sécurité de placement, rendement élevé… Il faut aussi déterminer les objectifs qui vous motivent à économiser de l’argent. Par exemple, vous voulez prendre une retraite anticipée et vous servir du capital pour voyager. Vous pouvez également épargner régulièrement en vue de financer convenablement les études de vos enfants ou se payer un logement. Votre motivation peut être d’une toute autre nature, mais souvenez-vous que c’est déterminant.

 

En cas de vie à l’échéance

Les résultats des rendements d’une épargne bancaire et une assurance traditionnelle sont les mêmes si la durée du contrat dépasse 10 ans. Toutefois, le mécanisme de l’assurance s’annonce plus compliqué. Dans une assurance de capitalisation, votre police est dépourvue de valeur de rachat durant les trois premières années. Vous ne gagnez rien si vous résiliez le contrat, car la police augmente peu dans cette période. L’épargne commence à prendre son élan dès le mi-parcours et s’accélère dans le dernier tiers. L’épargne bancaire classique, lui, vous permet de récupérer un petit intérêt qui peut fluctuer en fonction des marchés financiers. Avec son capital garanti, l’assurance est une bonne option pour un contrat 3a allant de 10 ans à 25 ou 35 ans. Elle offre une sécurité rassurante par rapport à celle de l’épargne bancaire.

 

En cas d’incapacité de gain

Les polices d’assurances font bénéficier, en général, aux preneurs d’assurance d’un tarif secondaire qui l’exempte du paiement de la prime lorsqu’ils se trouvent dans l’incapacité de gain. Si vous n’avez plus de revenus au bout de trois mois suite à une maladie, votre compagnie d’assurance verse à votre place vos primes afin que vous puissiez atteindre votre objectif d’épargne. La banque ne propose pas ce type de service pour son grand regret. En effet, votre revenu diminue continuellement en cas d’invalidité. Automatiquement, l’épargne bancaire s’estompe quand le souscripteur le retire trop souvent pour régler ses factures.

 

En cas de décès

Dans le cadre des assurances de capitalisation, les héritiers du preneur d’assurance reçoivent un capital supplémentaire à l’épargne déjà accumulée. Le montant de ce capital est fixé au moment de la signature du contrat. Dans des cas particuliers, les personnes hors succession peuvent bénéficier de cet héritage. Par contre, avec l’épargne bancaire, les héritiers touchent seulement le capital accumulé.

L’avantage de souscrire au 3e pilier lié bancaire est le prélèvement d’impôt anticipé par la banque. Le taux de l’impôt est de 35 %. La somme prélevée sur votre revenu est versée anonymement au service des contributions pour votre compte. À la fin du contrat, vous êtes chargés de déclarer votre compte et le montant de votre épargne afin de récupérer votre impôt anticipé et régler l’impôt dû.

En résumé, vous pouvez choisir l’épargne bancaire si vous prévoyez un placement en dessous de 10 ans. Ce choix vous permettra de conserver votre argent. L’assurance de capitalisation est profitable pour un contrat 3a à supérieur à 10 ans. Son rendement affiche le même résultat que l’épargne bancaire dans cette même période. En complément, vous privilégiez des couvertures de risque et d’exonération fiscale pendant le versement du capital.

 

La prévoyance combinée 3a/3b

Choisir entre le 3e pilier libre ou le 3e pilier lié est un vrai dilemme. Il s’agit de se pencher en faveur de la liberté et d’une d’économie fiscale faible (3e pilier libre) ou de se plier aux contraintes pour recevoir des déductions fiscales généreuses (3e pilier lié). En tout cas, c’est toujours difficile de tenir un contrat de prévoyance 3a qui s’étale une longue période. Désormais, les salariés peuvent combiner les formes de prévoyance individuelle. Le souscripteur est autorisé à signer un contrat de 3e pilier lié secondé d’une option de 3e pilier libre. Il s’agit de la prévoyance combinée basée sur un contrat de 3e pilier lié qui permet un basculement vers un 3e pilier libre lorsque la situation financière du souscripteur se dégrade. Quand son revenu se redresse, il est possible de revenir au 3e pilier 3a. La prévoyance combinée est un système intelligent très peu connu des salariés. Son mécanisme de fonctionnement s’adapte convenablement aux changements éventuels ou accidentels de la vie professionnelle du salarié.

Par exemple, il se peut qu’après quelques années suivant la signature du contrat de prévoyance lié, vous changez de travail ou le perdez complètement. En conséquence, votre revenu n’est plus du tout lucratif, voire insuffisant comparé à celui énuméré dans le contrat. Dans le cadre d’une souscription au 3e pilier lié, cette situation conduit à la suppression du versement de la prime et des couvertures d’assurances (décès et invalidité). Même si votre cas s’améliore, le contrat reste passif. Vous serez obligé de refaire un nouveau contrat. Avec la prévoyance combinée, votre sort est bien meilleur. Vous gardez l’ensemble de votre épargne provenant de la prime 3a et pouvez le transférer dans le 3e pilier libre sans aucune contrainte ni une modification de contrat. Logiquement, seules les couvertures décès et invalidité sont à la baisse. Vous repassez du 3e pilier libre au 3e pilier lié une fois que votre revenu soit rétabli. Le processus se déroule sans avoir à changer le montant des primes.


 

Apprendre encore plus sur le 3e pilier

Il est primordial de bien comprendre le 3e pilier avant de s’engager dans un quelconque produit, car la souscription à une meilleure offre atteste une retraite paisible avec un confort financier. Cependant, les notions qui cernent le 3e pilier sont complexes. Les éléments susmentionnés bien que détaillés peuvent être comblés à l’aide de la consultation d’ouvrage en version physique ou électronique. Bref, il vous est recommandé de lire l’e-book de Thierry Feller qui sert de guide d’infos. Il s’agit de « La Compil’ de la prévoyance », un dossier complet comportant les chapitres “Comprendre ma prévoyance” et “Les Bons Plans du 3e pilier”. Cet ouvrage regroupe en tout 5 articles publié dans la presse romande, 5 émissions radiophoniques et 2 diaporamas. Il abreuve vos connaissances de la prévoyance individuelle en Suisse en partageant les expériences tournant autour des choix sur les offres.

 

Les prestataires respectifs du 3e pilier

En plus des connaissances théoriques, il faut également se mettre dans le bain des astuces conduisant au meilleur choix des produits du 3e pilier. Aujourd’hui, nombreux sont les établissements bancaires et les compagnies d’assurance recevant la souscription à la prévoyance individuelle toute en proposant une panoplie d’offres. Il y a plus de 35 prestataires en Suisse à savoir :

  • La Mobilière Assurances et Prévoyance,
  • Retraites populaires,
  • Rente Genevoises,
  • Groupe Mutuel,
  • SwissLife,
  • Helvetia,
  • Zurich, etc.

Comment peut-on alors choisir les prestataires adéquats et la meilleure offre ?

Ce foisonnement de prestataires s’accompagne, en conséquence, d’une prolifération des offres sur le 3e pilier que ce soit libre ou lié. En tout, plus de 80 produits ont été recensés aussi ingénieux les uns que les autres. Pour vous aider à faire le bon choix, voici quelques clés fondamentales.

 

Consulter les sites comparateurs et confronter les offres

Tout d’abord, n’hésitez pas à faire le tour des institutions financières pour pouvoir comparer leurs offres. L’existence d’une version en ligne des banques et des assurances facilitent votre tâche. Il suffit de vous rendre sur un site comparateur et de confronter les offres. Pour ce faire, souvenez-vous des quelques critères suivants. Vérifiez le taux d’intérêt proposé sur les comptes épargne et son évolution au cours de la période d’investissement. Renseignez-vous également sur les stratégies de placement (nature des marchés, fonds de placement, etc.). par la même occasion, il faut connaître les prévisions du montant à percevoir à l’échéance du contrat et la somme des économies d’impôt lors du retrait du capital. Les garanties associées forment, entre autres, un des critères de sélection les plus importants. Elles recouvrent le capital garanti, le taux de la rente d’invalidité ainsi que les conditions de paiement des primes en cas d’incapacité de gain. Enfin, il est crucial de savoir les frais et les coûts engendrés par le transfert des avoirs, l’arrêt des cotisations et la gestion du contrat de 3e pilier.

 

Se servir des outils en ligne

En outre, les solutions digitales vous font gagner du temps en proposants des outils intelligents. Ces derniers permettent de simuler vos capitaux d’épargne, de calculer vos avantages fiscaux et de comparer les résultats des différentes offres. Ils sont facilement accessibles sur les plateformes de prévoyances et simple à utiliser pour un résultat fiable. Avec les données obtenues, vous pouvez établir un plan de prévoyance individuelle efficace.